Et au milieu coule une rivière : le Jarret

Ce samedi 25 avril, Colinéo a animé une journée au Domaine départemental de Pichauris à Allauch dans le cadre du projet « Le Jarret dans tous ses états » soutenu par l’EPAGE HuCA


Le domaine de Pichauris est un site exceptionnel caractérisé par une mosaïque de milieux écologiques variés : prairies, garrigues à Chêne kermès, forêts de feuillus, zones humides temporaires… Cette diversité confère au site une grande richesse écologique tant faunistique que floristique.On y observe la présence de formations végétales particulières qui se développent le long des cours d’eau : peupliers, saules, frênes, cornouillers… Le développement de ces essences est relativement rare dans notre région en raison du climat. Toutefois, au fond du vallon, les conditions sont favorables à leur implantation : taux d’humidité élevé, profondeur des sols et présence de cours d’eau temporaires. Cette végétation spécifique portant le nom de ripisylve permet la présence de faune spécifique et notamment les oiseaux.


La rivière du Jarret prend sa source dans les collines d’Allauch et s’écoule sur plus de 21 km avant de rejoindre l’Huveaune. La chaîne de l’Étoile et le massif du Garlaban font partie des chaînons provençaux de type karstique. On parle de système karstique car l’eau y façonne en permanence un réseau de galeries souterraines. Si ces massifs peuvent paraître arides en surface, leur sous-sol est souvent gorgé d’eau ou parcouru par des rivières souterraines. En milieu karstique, l’eau peut circuler de 10 cm à 1 000 mètres par jour, contrairement à d’autres types de roches où elle s’écoule beaucoup plus lentement. Cette particularité des aquifères karstiques les rend très sensibles à toute forme de pollution, rend les cours d’eau difficilement visibles et complexifie la modélisation des systèmes aquatiques notamment en cas d’inondation.


À Pichauris, l’eau est mise en valeur tout au long du parcours. On y retrouve de nombreux aménagements — fontaines, ponts, puits et lavoirs — qui rappellent l’importance vitale de l’eau en Provence. Cette notion de rareté est d’ailleurs largement évoquée dans les œuvres de Marcel Pagnol, notamment « Jean de Florette » et « Manon des sources ».